Le Cours de Piano

Entretien avec le professeur…

Horaires, tarifs, adresse et admissions dans la rubrique « L’aspect pratique », ici.

Pourquoi avoir choisi d’enseigner dans une école plutôt que dans un conservatoire ou en cours privés ?

Je n’ai pas choisi d’intervenir dans une école, mais plutôt dans celle-ci. J’ai trouvé dans cette petite structure toutes les conditions qui me permettent de travailler avec une totale liberté d’action et des conditions matérielles exceptionnelles.

Quant aux conservatoires, il ne faut pas oublier que derrière la «grande porte», se cachent des hommes et des femmes, et que c’est à leur propre personnalité et pédagogie que vous serez confrontés. Elle peut être bonne, mais ce n’est pas une valeur absolue. Un excellent pianiste, même sympathique n’est pas forcément un excellent prof, ni a fortiori celui qui vous convient ! Mais souvent titres et diplômes mis en avant rassurent…

La relation prof élève est-elle importante ?

Elle n’est pas importante, elle est capitale. Elle est basée sur la confiance, l’écoute et le respect. Il est indispensable pour moi de bien comprendre la personnalité de l’élève qui souhaite travailler avec moi, de me mettre à sa place pour pouvoir trouver ensemble le meilleur moyen d’aborder son étude et de surmonter ses difficultés.

Comment êtes-vous devenu professeur de piano ?

Après l’une de mes prestations publiques, un professeur de piano présent dans la salle,  m’a demandé de prendre en charge les nouveaux élèves qui le sollicitaient… J’ai d’abord refusé. Il a insisté et j’ai fini par accepter. J’ai alors découvert que par-delà le trac que m’imposait le souci de bien faire, j’étais capable de faire preuve de patience, de rigueur, de clarté dans les explications ou même les images que je donnais, et de créer une ambiance agréable et détendue pendant les cours. J’ai découvert alors le plaisir de transmettre ce que j’avais moi-même appris. C’était parti. Le bouche-à-oreille a fait la suite…

On peut vraiment commencer à apprendre le piano à tous les âges ?

Prétendre faire une carrière de concertiste en débutant l’apprentissage du piano à 40 ans reste utopique… Plus sérieusement, contrairement à ce que beaucoup croient encore, on peut effectivement apprendre ou reprendre la pratique du piano à l’âge adulte et ce, sans passer plusieurs heures par jour à faire des gammes, des arpèges et des exercices pénibles… Jouer du piano devient alors une merveilleuse valeur ajoutée à la stabilité et à l’épanouissement personnels.

Vos élèves proviennent donc d’horizons très divers : qui sont-ils exactement ?

Je peux vous donner quelques exemples, même si par définition, ils ne sont qu’illustratifs. Il y d’abord les plus jeunes déçus par des pratiques inadaptées du Conservatoire qu’il faut réconcilier avec la musique, la maman qui après avoir élevé ses enfants décide de consacrer un peu de temps pour elle, il y a également des adultes qui ont toujours rêvé d’apprendre le piano et qui n’en ont pas eu le temps ou les moyens par le passé, il y a aussi des personnes découvertes au hasard des rencontres et qui m’interrogeant sur mon métier, décident de s’y mettre… Il y a aussi des élèves qu’on présente comme inaptes à toute discipline ou toute concentration : le profil type de l’enfant différent et difficile…  Et puis, je veux évoquer les pianistes qui ont, plus jeunes,  abandonné l’étude du piano à cause d’un enseignement qui ne leur convenait pas, à cause du solfège,  et qui décide de s’y remettre, dans un autre contexte.

Quelle est votre spécificité d’approche en piano ?

Tout d’abord,  c’est de traiter concrètement les difficultés, sans les contourner ni les mettre de côté, y compris avec les enfants. Et puis, l’étude du piano ne peut pas se résumer au déchiffrage d’une partition ou à la mise en place d’un morceau : notes, mesure, doigtés, phrasé, nuances… ou même tempo. Le travail peut aller beaucoup plus loin que cette mise en place de base.

Je pensais pour ma part, que ce n’était que cela apprendre le piano. C’est ce que je faisais lorsque j’ai commencé le piano étant plus jeune…

Ce n’est pas que ça, mais c’est déjà un bon début. Il y a une différence entre jouer du piano et faire de la musique.

En réalité, il s’agit d’une démarche beaucoup plus complète et subtile qui fait intervenir en premier lieu la détente et le toucher, mais aussi tout à la fois la position, l’écoute, l’analyse et la compréhension, la mémorisation des sensations, l’équilibre, l’autocritique, la concentration, le contrôle de soi, la mémoire, le développement de la créativité…

Et tout cela se construit avec le temps, sans jamais perdre de vue l’objectif final : la recherche de sa propre musicalité, source incontestable d’un plaisir subtil et profond.  Cependant, rigueur et plaisir restent indissociables pour parvenir à jouer une pièce avec un succès mérité.

Tout ceci mériterait d’être développé. Je suppose que c’est ce que vous faites au cours d’une leçon ?

Tout à fait, mais je n’aborde pas l’ensemble de ces points simultanément et tout cela s’intègre progressivement dans mon cours.  Nous sommes là au cœur de la pratique et c’est la combinaison de tous ces aspects qui conduit à une véritable expression musicale de qualité. Ainsi, je veux donner, mais aussi entretenir le plaisir de jouer, et  ancrer  la musique dans la vie de mes élèves. Il ne faut pas oublier que c’est la régularité du travail qui fait avancer les choses.

Et depuis combien de temps vous enseignez ?

Cette année, ça fera 27 ans. Et c’est la synthèse de l’ensemble de  ce que j’ai appris pendant mes années de Conservatoire, mais aussi auprès de professeurs indépendants auquel s’ajoute mon expérience pédagogique et scénique, ainsi que mes propres recherches que je mets au service de mes élèves.

Le taux d’abandon en piano à l’issue de la première année est de l’ordre de 80% chez les débutants. Quel est le vôtre ?

Il est inférieur à 10 % avec les enfants chez qui je m’emploie à développer le goût d’une pratique régulière de l’instrument. Et j’essaie que le rendez-vous hebdomadaire du cours soit un moment privilégié tant du point de vue du travail que nous réalisons ensemble que de la relation que nous développons. L’enfant doit venir à ses leçons avec plaisir et faire des progrès.

C’est la seule raison ?

Non, pas seulement. Je crois que cela tient aussi à la façon dont on choisit ses élèves. Soit je sens bien les choses et je suis convaincu que le jeu en vaut la chandelle ; soit je ne les sens pas.  Et dans tous les cas, je le dis. Pour l’heure, je n’ai pas semble-t-il pas  commis trop d’erreur d’appréciation ou d’intuition…

Et les parents, ont-ils un rôle à jouer ?

Oui bien sûr, mais surtout pas pendant le cours… Les parents n’ont pas à intervenir ; c’est une relation duelle et affective entre l’enfant et son professeur de musique. En revanche, une fois le cours fini, cela devient une affaire entre le piano et l’enfant, mais aussi ses parents. J’invite ces derniers à suivre le travail de la semaine selon mes indications, et à valoriser les progrès. Il est important pour l’enfant comme pour le professeur  de pouvoir compter sur le soutien parental. Je me réjouis toujours d’avoir à faire à des parents qui ne sont pas indifférents, mais concernés par les études musicales. Dans ce cas, ils contribuent aussi à la durée de cette belle aventure. La musique n’est pas un loisir comme les autres…

Parmi vos jeunes élèves, combien peuvent prétendre en faire leur métier ?

Si on s’aventure dans des petites statistiques, sur les six derniers enfants que nous avons accueillis et formés au piano dès l’âge de cinq ans, tous sont encore nos élèves et trois d’entre eux évoquent même le fait de faire de la musique leur métier. Il ne leur reste qu’à s’accrocher : être le plus régulier et assidu possible dans la pratique. Car au bout du compte, plus que le talent ou les prédispositions, c’est le travail qui porte ses fruits.

Vous en êtes fiers ?

Fier… je ne sais pas ; peut-être un peu… mais heureux, sûrement ! C’est une récompense et un encouragement : peut-être que ce que nous faisons, nous le faisons bien. Je veille surtout à ne pas passer à côté du potentiel de chaque enfant et surtout l’exploiter au mieux dans son propre intérêt.

Et en ce qui concerne les adultes, quelle est en général la motivation principale de celles et ceux avec qui vous travaillez ?

Il n’y a pas de règle. Parfois l’objectif premier va de la simple acquisition des bases du piano pour un débutant complet jusqu’à un perfectionnement plus technique pour un élève qui a déjà étudié le piano pendant plus de 10 ans…

Et avec dix années de piano, ce n’est pas devenu  inutile de prendre des cours ?

Un regard extérieur sur votre pratique n’est pas forcément inutile et puis nous touchons là du doigt l’intérêt de se confronter à un professeur de piano qui saura détecter vos faiblesses techniques par exemple, vous en faire prendre conscience si nécessaire, et vous aider à les surmonter. Il peut également guider et orienter votre travail personnel. Mais cette démarche n’est nullement obligatoire et certains continuent de travailler seul, mais c’est peut-être moins facile…

D’un point de vue pédagogique, vous êtes plutôt adepte de l’Ecole Française ou de l’Ecole Russe ?

Le plus judicieux est d’arriver à faire autant de place à la technique qu’à l’interprétation. Mais tout est une question de dosage et d’équilibre dans un cours. Parfois le travail purement technique rassure… Quant à celui de l’interprétation, il séduit mais reste peut-être plus difficile, car plus intime. Il faut aussi comprendre le style du morceau et sa structure. Cependant, ce versant ouvre des perspectives tout à fait incroyables. Les deux sont à mon avis non seulement indissociables, mais doivent rester étroitement liés pour une étude complète et cohérente du piano.

Quelle est la durée des cours de piano que vous proposez dans le cadre de l’Ecole ?

Il n’y a pas de règle ; mais en général, ça varie entre une demi-heure et une heure et demie, en fonction du niveau de l’élève,  et surtout du temps dont il dispose dans la semaine ou le mois pour travailler personnellement.  Tout va dépendre de l’objectif que l’on définit et que nous devons atteindre…

Ce sont plutôt des enfants ou des adultes qui viennent vous voir ?

Vous oubliez les adolescents… Je travaille avec toute personne désireuse d’apprendre à jouer du piano le mieux possible. Seule l’approche pédagogique, c’est-à-dire les moyens utilisés pour transmettre des connaissances, est différente. L’objectif et la méthodologie restent les mêmes : jouer de la musique et se faire plaisir.

C’est-à-dire ?

Eh bien, avec un jeune enfant, je vais plutôt aborder cet apprentissage sous forme de jeux, avec des mots plus simples  et des images. Le but premier étant de lui donner envie de jouer du piano…

Une sorte d’éveil musical ?

Pas du tout… ! Je préfère parler d’initiation puisque je vise déjà de solides bases ; mais je veille aussi, par-delà ce travail, à ne pas décourager. Il faut aiguiser la curiosité, rendre l’approche de la musique facile et plaisante ; je tiens à préserver l’enthousiasme initial… Mais nous abordons aussi sérieusement dès le début de l’enseignement la lecture de notes, l’étude du rythme, la théorie musicale, le travail de l’oreille… Nous avons donc à faire à de tous jeunes musiciens qui avant même de savoir lire, parviennent tout en s’amusant, à déchiffrer la musique et à jouer des mélodies au piano.  Et tout naturellement, je vais induire le fait qu’ils trouvent goût et intérêt dans une pratique régulière.

Et ensuite vous commencez le piano ?

Non, nous commençons l’étude de l’instrument dès la première leçon. Nous mettons même en place un petit duo pour conclure la première séance.  Les temps changent ; les méthodes évoluent aussi.

Et avec un adulte ?

Tout dépend s’il a déjà joué du piano ou pas.  S’il est débutant, on découvre les principes de base du piano à travers des petits exercices adaptés, et de courtes pièces dans un style choisi.

Et s’il a déjà un bon niveau ?

Dans ce cas, nous faisons ensemble un « état des lieux », je l’aide si nécessaire à prendre conscience de ses faiblesses ou des aspects perfectibles. La première étape de notre travail devient donc évidente : dans un premier temps, on corrige une technique fragile ou défaillante qui peut représenter un frein dans son étude, son évolution. Ensuite, une fois le terrain « déminé » et les freins levés, on repart avec un perfectionnement technique personnalisé et ciblé mais surtout pas mécanique, visant toujours à améliorer les qualités d’exécution du morceau que l’on apprend à jouer mais surtout à interpréter, ce qui constituera, le second volet de notre travail.

La question qui fâche : qu’en est-il du solfège ?

Si plus jeune, vous avez fait du solfège « version XIXème siècle », il est normal d’appréhender le retour vers le piano.  Cependant, même si les notes n’ont pas changé, la façon de les apprendre peut être plus légère voire ludique…

Mais, il est important de savoir lire correctement la partition pour jouer un morceau ?

Lorsque vous voulez jouer un morceau, il y a un code qu’est l’écriture de la musique et il faut non seulement le connaître mais surtout savoir l’utiliser. C’est ce à quoi je m’emploie également pour faire les choses dans les règles de l’art ; je le fais en développant des automatismes. Mais étant donné que le solfège est inclus dans le cours de piano, l’approche est plus agréable,  et il existe des astuces simples pour rendre cet apprentissage théorique, tout aussi plaisant… mais indispensables à une étude sérieuse du piano.

Là vous parlez du piano classique ? Qu’en est-il de la variété ou du jazz ?

En variétés ou en jazz, rares sont les partitions écrites afin de restituer ce qu’on entend sur les CD… Il faut donc aborder d’autres questions comme l’étude des accords, l’harmonie,  et le travail de l’oreille. Ensuite on envisage les choses différemment selon que vous souhaitez chanter et vous accompagner au piano ou bien jouer une mélodie connue comme on l’entend parfois dans un piano bar…

Tout cela donne bien envie. Comment procéder si on veut travailler avec vous ?

Le plus simple est de contacter l’école et je reviens vers vous afin que l’on se rencontre.


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