Le Cours de Chant

Entretien avec le professeur…

Horaires, tarifs, adresse et admissions dans la rubrique « L’aspect pratique », ici.

Doit–on obligatoirement prendre des cours pour bien chanter ?

Pas forcément… Il y a trois façons de progresser vocalement.

La première est de faire du piano-bar pendant un an ou deux à raison de 4 heures par jour.

La seconde est l’imitation. On écoute et on réécoute pour ensuite imiter ses chanteurs préférés. On reproduit à l’oreille leur technique et leur style. Peu y parviennent cependant, mais on procède un peu comme l’apprenti peintre qui copie ses maîtres pour trouver ensuite son propre style.

Quant à la troisième, elle consiste à prendre des cours de chant. Cependant le cours de chant présente également l’avantage d’un travail plus global sur la voix, et nous ne l’utilisons pas toujours pour chanter…

Laquelle des trois Ă©coles avez-vous suivi ?

Pour ma part, j’ai fait les trois, en France mais aussi à l’étranger.

Et depuis combien de temps enseignez-vous ?

J’ai commencé à enseigner le chant il y a 15 ans. Après des débuts en nom propre, je suis heureux à présent de le faire dans le cadre de cette petite structure qui met à ma disposition tous les moyens dont j’ai besoin pour travailler dans les meilleures conditions.

Vous ĂŞtes plutĂ´t un artiste ou un coach ?

Je suis les deux : professeur de chant et d’expression scénique, et chanteur de variétés. Mais les deux métiers sont différents. Le fait d’exploiter un certain talent ou une prédisposition à laquelle vient naturellement s’ajouter le fruit d’années de travail, ne veut nullement dire que vous êtes capable de transmettre ce savoir. L’enseignement est aussi un métier. Et c’est ce à quoi j’emploie la plupart de mon temps actuellement.

Quel est l’objectif d’un cours de chant ?

Dans l’opinion générale, on prend des cours de chant pour apprendre à chanter ou à améliorer ses capacités vocales. Si l’on met à part celles et ceux qui chantent faux, et qui doivent donc rééduquer la voix et l’oreille, le travail vocal présente de multiples avantages : il s’agit d’une approche tellement complète que dire qu’on prend des cours de chant pour apprendre à chanter peut même sembler réducteur.

Question délicate : si on chante faux ou qu’on a une voix de « casserole » comme on dit et qu’on adore chanter que risque-t-on ?

En réalité, pas grand-chose… Mais souvent, dans ce cas-là, c’est l’entourage le premier « public » et il est souvent sans aucune pitié : on vous demande de vous taire !

Y a-t-il une solution ?

Oui, on peut souvent corriger sa voix. Il faut cependant distinguer les personnes qui chantent rĂ©ellement faux : elles sont plutĂ´t rares ; mais lorsqu’elles fredonnent, sans les paroles on ne parviendrait mĂŞme pas Ă  donner le titre d’une chanson connue… Et puis, il y celles qui pensent chanter faux : peut-ĂŞtre parce qu’elle ne chantent pas toutes les notes justes, qu’elles ne maĂ®trisent plus leur voix dans les aigus ou que la voix tremble par moment…

Comment intervenez-vous ?

Les deux profils sont radicalement différents, les causes pas forcément les mêmes et donc l’approche « correctrice » sera également différente. Dans les grandes lignes, on peut être amené à  effectuer un  travail sur l’oreille,  sur la mémorisation ou  la reproduction des sons, et parfois, mais c’est très rare, sur les trois en même temps. C’est un travail qui peut être un peu long, parfois un peu difficile, mais très gratifiant lorsqu’on touche au but.

Et pour savoir exactement oĂą on en est avec ces questions de justesse ?

Il suffit de faire un petit bilan vocal. C’est-Ă -dire venir chanter un petit couplet et attendre le « verdict ». Mais je veux insister, il est très rare de chanter faux et de ne pouvoir rien faire. Quant Ă  la voix de « casserole », il suffit de la travailler pour la faire Ă©voluer.

Sur quel style de chant vous proposez-vous d’intervenir ?

Je travaille uniquement sur le chant qui sur scène doit être sonorisé : variété, jazz, chanson moderne, blues, gospel… La liste est longue.  La technique reste à peu de chose près la même, c’est surtout le répertoire qui change.

Plus globalement dans cette façon d’enseigner le chant, comment expliqueriez-vous la méthode que vous utilisez ?

Je n’utilise pas de méthode type, encore moins une méthode que j’aurais mise au point personnellement. J’ai réuni dans mon enseignement des principes très divers qui fonctionnent et je cherche à proposer la meilleure efficacité en fonction de chaque élève.  La diversité de ma formation me permet d’aborder le travail de la voix et de l’interprétation de façon variée,  singulière et personnalisée, même si je suis bien sûr, parfois amené à corriger des problèmes vocaux similaires. A la vérité, je ne prétends pas créer quoi que ce soit, mais utiliser le capital existant qu’est la voix et le faire évoluer au mieux pour chaque élève avec les moyens et les outils qui conviennent.

Lorsqu’on enseigne le chant, à quoi doit-on rester attentif ?

Je veux d’abord rappeler une banalité : en chant,  l’instrument c’est vous. Et c’est cela qui change toute la démarche par rapport à la pratique d’un instrument. Mais pour répondre à votre question, il faut rester vigilent tout d’abord à ne pas créer une dépendance prof élève. Un chanteur, même en formation, doit progressivement apprendre à devenir autonome.  Je tiens ensuite, au-delà du travail vocal, à toujours préserver la santé vocale de celles et ceux qui me confient leur instrument. La voix est un instrument fragile et il faut en prendre soin. Il est capital d’adapter les exercices à la voix de chacun tout en maintenant voire en augmentant la confiance en soi du chanteur. C’est aussi à l’écoute de l’élève qu’il faut rester attentif : ses propos sont aussi importants que mes explications. Enfin, il ne faut pas oublier que même si nous ne garantissons que les moyens mis à disposition,  on reste responsable de la progression de nos élèves.

Faut-il connaître le solfège pour apprendre à chanter ?

Non, il n’est pas nécessaire de connaître le solfège pour chanter… Ensuite, il faut voir quels sont les besoins : pour chanter en chorale, maîtriser le déchiffrage d’une partition peut être un véritable atout. Certains chefs de chœurs l’imposent, mais l’approche chorale du chant est un peu différente. En fait, plus les pièces préparées sont longues et difficiles, plus la maîtrise du déchiffrage est importante.

Pourquoi conseillez-vous de travaillez en cours individuels ?

En chant, c’est encore plus délicat qu’en piano par exemple, car chaque élève, et donc chaque instrument – je parle de sa voix – est  différent. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas quelques principes communs à aborder. Mais tous les élèves n’ont pas les mêmes « symptômes » alors il serait absurde d’imposer à un groupe  le même « traitement ». Je n’ai jamais donné deux cours individuels identiques…

Pourtant, vous proposez Ă©galement des cours collectifs ?

Tout à fait,  mais ce sont des séances qui durent plus longtemps et dans ce cadre, je n’interviens pas de la même façon. Il s’agit d’un travail plus général, mais effectué au sein de groupes restreints.

Quelles sont les différentes étapes qui composent un cours collectif généralement ?

Avant toute chose, on se prépare à chanter. Il est fondamental de bien se détendre,  de s’étirer  et surtout,  d’échauffer sa voix.

Dans un second temps, on effectue des exercices orientés vers le placement de la voix.  On aborde ensuite la présentation et la mise en pratique d’un ou deux principes de technique vocale.

Puis on entre vraiment dans le travail la chanson « du jour » en veillant, par delà la mise en place du texte et de la musique, à trouver l’expression en adéquation avec ce que l’on chante.

Enfin, on essaye d’intégrer à la performance de chacun le ou les différents points techniques étudiés auparavant.

Dispensées dans une atmosphère complice et conviviale, ces séances, tout en enseignant l’art du chant, constituent donc une excellente opportunité pour se détendre et se changer les idées en découvrant également les multiples bienfaits de l’expression vocale.

Avez-vous déjà fait travailler des gens connus ?

Oui,  c’est déjà arrivé sans pour autant qu’il faille en tirer quelque conclusion que ce soit. J’ai simplement travaillé avec des artistes pour lesquels, mon approche intuitive était efficace. Mais rassurez-vous, je ne demande pas un certificat de popularité à celles et ceux qui veulent suivre mes cours. Et tout le monde est accueilli et formé avec la même attention et avec le même intérêt, qu’ils soient amateurs ou professionnels.

Avez-vous déjà travaillé avec des élèves « atypiques » ?

Il y a six ans, j’ai accueilli un jeune homme d’une petite trentaine d’année qui venait de sortir d’hôpital psychiatrique où il avait était interné pendant plusieurs années pour cause de schizophrénie. Il était en phase de rémission et nous avons pu travailler ensemble pendant trois ans. Le travail vocal, malgré le lourd traitement chimique qu’il suivait, lui a fait énormément de bien. J’ai vraiment été heureux de lui redonner le sourire… Il a aujourd’hui quitté Paris, mais je l’ai encouragé à continuer de chanter.

Y a-t-il des gens que vous n’avez pas pu faire travailler et dont vous vous êtes séparés ?

Oui c’est arrivé une fois, il y a 4 ans je crois : un jeune chanteur qui nous avait été adressé par son orthophoniste, pour des soucis de justesse et des problèmes de maux de gorge. Il refusait systématiquement de se remettre en question et allait même jusqu’à refuser des principes de base de technique vocale. Il « coinçait » ses sons dans une gorge serrée, avait donc assez rapidement mal à la gorge, des aigus souvent improbables et toujours difficiles à atteindre, il forçait en permanence ; et il se réfugiait dans « ça, c’est mon style »…  Il n’évoluait pas et surtout conservait ses problèmes vocaux. J’ai donc décidé d’arrêter de le faire travailler.

Ce genre de situation est-il fréquent ?

Ca peut arriver parfois avec de jeunes chanteurs  qui, sans aucune formation, ont déjà chanté du rock avec leurs copains  pendant plusieurs années, qui se sont même parfois produits en public, et à qui on a dit qu’ils étaient plein de talent, et pas toujours pour des raisons objectives. Il est difficile de perdre des mauvaises habitudes bien acquises. C’est même plus long que de les acquérir. D’où l’importance d’une bonne initiation avec de solides bases techniques qu’on prend le soin d’expliquer et de mettre en pratique. En l’occurrence, je perdais mon temps et lui son argent. Mais cet exemple reste un cas isolé.

Alors précisément, en quelques mots, on travaille sur quels aspects ?

Ca va peut-être vous surprendre, mais on ne fait pas uniquement des vocalises et des chansons. Le travail est extrêmement complet et diversifié. Dans les grandes lignes les moins techniques,  on travaille :

Sur la respiration d’abord : on apprend à mieux gérer son air, à retrouver une respiration naturelle, instinctive, automatique et donc qui détend.

Sur la verticalité ensuite : on se redresse…et l’effet est immédiat sur la voix.

Sur les abdos ensuite : on renforce sa sangle abdominale !

Sur la rĂ©duction des rides : le chant est  aussi une cure de jouvence. Chanter, c’est la meilleure des gymnastiques faciales car, pour Ă©mettre des sons, on sollicite de nombreux des muscles du visage.

Sur la dĂ©tente Ă©galement : le chant libère non seulement du stress, mais il nous permet de prendre conscience des zones de tension grâce, entre autres, Ă  des exercices physiques…

Le chant redonne le sourire et donne du baume au cœur : c’est un anti-dépresseur fantastique. Ce mode d’expression libère les tensions. Il procure un réel bien-être psychique en stimulant la production d’endorphines, qui réduisent le stress, la fatigue et augmentent les sensations de bien-être.

De plus, le chant faisant vibrer et résonner  l’ensemble de notre corps à la façon d’un instrument à vent, il permet un défoulement que n’offre pas la voix parlée.

On améliore aussi sa diction et son élocution : on s’exprime plus fort, plus facilement, et sans effort.

On découvre comment prendre de l’assurance tout restant détendu : le chant apporte donc la maîtrise de soi, l’épanouissement, la séduction et aussi le pouvoir.

Enfin, le cours de chant permet aussi d’apprendre à s’imposer, à capter un auditoire, faire passer une émotion et exprimer un sentiment.

Donc, ce n’est forcement pour le chant en soi que l’on peut décider de travailler sa voix ?

Effectivement, pas forcément. Il m’est arrivé de travailler avec des comédiens et ils n’avaient pas l’intention de devenir chanteur. Le travail de la voix trouve directement son utilité pour celles et ceux qui doivent s’exprimer en public, animer des réunions ou parler plus ou moins longtemps au téléphone. Il y a aussi le fait de rendre sa voix plus plaisante, même parlée, la gestion du trac, le développement de la puissance, etc.

Un cours de chant peut ouvrir d’autres perspectives ?

Tout Ă  fait, et la première n’est donc pas forcĂ©ment de chanter juste, mais de “parler juste”. Nombreux sont celles et ceux qui apprĂ©hendent de parler en public, qui ont la voix fatiguĂ©e en fin de journĂ©e ou bien qui ne parviennent pas Ă  se dĂ©tendre totalement. Souvent la voix n’est pas placĂ©e : elle s’avère fade ou mĂŞme dĂ©sagrĂ©able. Travailler sa voix peut alors rĂ©vĂ©ler de belles surprises extrĂŞmement bĂ©nĂ©fiques dans sa vie privĂ©e comme professionnelle.

Que fait-on dans un cours de chant si on veut apprendre à chanter des chansons,  à part travailler tout ces aspects ?

Par-delĂ  la technique vocale dont vous avez vu l’étendue, on travaille Ă©galement la façon dont on va pouvoir interprĂ©ter, c’est-Ă -dire, en deux mots, s’approprier une chanson du rĂ©pertoire choisi. C’est un travail dont la majoritĂ© des aspects est inspirĂ©e directement du travail de comĂ©dien. On ne joue pas : on devient ce que l’on chante. Et c’est Ă  nouveau un travail très variĂ© sur la comprĂ©hension,  l’émotion juste, le plaisir, le « lâcher prise », les expressions du regard, l’espace et la prĂ©sence, l’imaginaire, la gĂ©nĂ©rositĂ©, l’affirmation de soi,  la sincĂ©rité… et bien sĂ»r le pouvoir.


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