L’Ecole de Musique de la Tour Montparnasse en questions ?

Son directeur répond…

Bonjour ! Pourquoi avoir créé l’EMTM ? Quelles étaient vos ambitions ?

Au tout début, le but était de proposer à toute personne ayant toujours rêvé de jouer d’un instrument ou de chanter de pouvoir le faire enfin et ce, à travers des moments de détente sur le lieu de travail. D’où notre installation dans la Tour Montparnasse. Ce concept nous avait d’ailleurs valu, à l’époque, quelques récompenses « créateur d’entreprise » : on introduisait la musique et le chant au coeur l’entreprise. Depuis, l’idée a été reprise et développée par d’autres, et nous nous en réjouissons.

Comment avez-vous fait évoluer l’Ecole ?

Petit à petit, nous avons été sollicités pour accueillir les enfants des parents que nous avions en cours, et nous en sommes donc tout naturellement arrivés à accueillir des tout petits, des adolescents et bien sûr, toujours des adultes de la Tour Montparnasse, de ses environs,  ou même de toute l’Ile de France.

Pendant des années, vous avez  uniquement travaillé essentiellement avec le bouche-à-oreille. Pourquoi avoir créé un site Internet ? Vous n’en aviez pas vraiment besoin…

Un site nous permet d’abord d’être présent sur le net afin d’évoluer avec notre temps, mais aussi de toucher un public un peu plus large. Certains de nos élèves ont regretté de nous avoir connus par hasard ou trop tard. Disons qu’en l’occurrence, on va essayer de favoriser le hasard…

Pourquoi ne pas proposer des cours collectifs en piano ou en guitare ?

Notre priorité n’est ni la rentabilité, ni le « bricolage ». Pour prendre l’exemple des enfants, on se sait jamais de quoi sera fait l’avenir et si un jeune musicien veut plus tard en faire son métier, il vaut mieux qu’il soit formé correctement… Nous sommes fidèles à notre ligne de conduite première, à savoir proposer des prestations de qualité et personnalisées qui suivent le rythme de chacun. Seul le cours individuel permet cette efficacité en cours d’instrument.

Vous en proposez en chant ?

Oui, nous proposons une initiation au chant avec des cours en petits groupes, afin de répondre à la demande des élèves qui recherchaient une approche pédagogique du chant plus conviviale. Par ailleurs, le cours individuel reste l’alternative pour un travail personnalisé ou plus approfondi. Un problème vocal précis ne peut pas être réglé efficacement en cours collectif…

Mais ne peut-on pas aussi apprendre en regardant ce que font les autres ?

Si vous avez des soucis de justesse, par exemple, je ne pense pas qu’entendre les autres chanter (plus ou moins) juste vous aide à vous corriger. En piano ou en guitare, le groupe ne permet pas la singularité de l’approche. Et puis pourquoi payer un cours d’une heure dans lequel votre professeur passant d’une élève à l’autre, ne vous consacrera qu’au maximum 10 ou 15 % du temps de la leçon ? Il faut rester vigilent envers les fausses économies…

Pourtant, vous acceptez parfois deux personnes par cours.

Oui, c’est exact, mais pas systématiquement : uniquement sur demande spécifique des élèves.  On regarde auparavant si les deux personnes sont capables d’évoluer ensemble. En guitare, ça peut fonctionner à peu près correctement, si les deux progressent simultanément au cours des semaines et bien sûr veulent faire la même chose au départ,  comme par exemple, apprendre à s’accompagner en chantant. On peut même alors envisager des duos et c’est assez séduisant. Mais le binôme reste l’effectif maximum.

En piano,  le résultat n’est jamais spectaculaire en terme de progression, si ce n’est pour commencer l’étude. En maintenant cette formule trop longtemps, on privilégie la convivialité au détriment de l’efficacité. Cependant, l’expérience montre que ça peut fonctionner la première année. On préconise  alors, pour la suite, de passer à des séances individuelles, et ce souhait correspond souvent à celui des élèves eux-mêmes.

Pensez-vous qu’il est utile de prendre des leçons longues ?

A mon avis, ce ne doit pas être le but, surtout dans le cadre de cours individuels, et à plus forte raison lorsque l’on débute. C’est le travail à la maison,  en d’autres termes, la pratique personnelle qui doit être tout à la fois régulière et rester en parfaite adéquation avec les indications personnelles données en cours afin de pouvoir évoluer de façon significative. Une leçon par semaine, même d’une heure, ne suffit pas pour apprendre à chanter ou jouer correctement d’un instrument si elle n’est pas suivie et étayée par la reprise de certains éléments du cours au quotidien, si possible.

Comment travaillez-vous avec un élève en difficulté ?

La seule difficulté que l’on rencontre, est celle de l’élève qui, en dépit du plaisir de jouer ou de chanter,  progresse lentement.  Nous le conservons bien sûr parmi nos élèves tout veillant à son épanouissement personnel. Quant aux personnes peu ou pas motivées, ou trop prétentieuses, nous ne les inscrivons pas.

Vous limitez le nombre d’élèves : c’est plutôt rare comme démarche…

Certains professeurs donnent des cours dans un but « alimentaire » ou comme activité secondaire, sans parler des structures qui ne visent que leur expansion… Ici, chaque élève est suivi personnellement : il est formé avec le plus grand soin et la meilleure implication. Ce n’est pas un numéro de dossier ou d’adhérent. Cette qualité d’accueil et d’enseignement, ainsi que le plaisir renouvelé du travail avec nos élèves, passent donc par une limite des admissions.

Sur le marché des cours de musique, on trouve des prestations à tous les prix. Comment s’y retrouver si on n’y connaît rien ?

L’aspect financier est parfois prioritaire chez les élèves. Mais je pense que ce n’est pas par là qu’il faut commencer. Il faut d’entrée de jeu, savoir ce que l’on veut… Je conseille toujours de se fier à son intuition, à son ressenti. Le plus important est de trouver le cours qui vous corresponde, où vous vous sentez à l’aise. Vient ensuite la question du budget. Il ne faut cependant pas oublier qu’un « bon professeur »  qualifié et expérimenté, sera sans doute plus cher que celui qui s’improvise professeur et se lance à la course aux élèves. Dans la plupart des cas, on en a toujours pour son argent. La qualité a un prix…

Pourquoi existe–t-il une telle disparité de tarifs sur Paris ?

Il y a autant de disparité qu’il a de qualités et de types de cours. Les plus chers sont-ils forcément les meilleurs ? Pas sûr ! En tout cas, ce n’est pas forcément un gage de qualité. Et puis un bon musicien ou chanteur n’est pas forcément un bon formateur. Ce sont deux métiers fondamentalement différents. Pour un élève qui ne débute pas,  s’il ne ressent pas une différence significative pendant la première séance, c’est un signe : le travail effectué ne vaut pas le prix demandé et il faut changer !

Vous ne parlez pas des cours à domicile ; c’est pourtant très pratique…

(Rires) Je ne parle pas des cours à domicile car ce n’est pas notre façon de travailler. Il me semble par ailleurs tout à fait utopique de penser qu’un professionnel de l’enseignement, un authentique professeur spécialisé accepte de proposer régulièrement des cours à domicile pour 35,00 euros de l’heure. L’organisme qui propose une soit disant « prestation de qualité » avec « pédagogie éprouvée » et « professeurs expérimentés »… – j’en passe et des meilleures – à ce tarif-là,  aura sans doute du mal à tenir ses promesses.

C’est pourtant intéressant fiscalement…

Si on veut faire des économies, on peut aussi choisir de ne pas apprendre la musique. Cependant, cette mesure visant une réduction d’impôt pour toute prestation à domicile a encouragé, par son développement rapide,  les abus en tout genre.  Et c’est toujours à ma connaissance la poule aux œufs d’or…  Je ne veux pas être assimilé à une agence de placement de femmes de ménage ou de « baby sitters ».  Nous sommes un cours où l’on reste responsable des progrès et attentif à la satisfaction de nos élèves.

Pourtant c’est un service que vous maintenez pour vos élèves.

Très ponctuellement. Il nous arrive effectivement de l’envisager, mais dans deux cas uniquement : la personne est inapte à tout déplacement et ne peut pas quitter son domicile, ou dans le cadre d’une « Master Class » ponctuelle avec un motif qui justifie le cours à domicile.  Mais le déplacement est facturé en sus, au prix du cours. Mais pensez-vous vraiment qu’un authentique professionnel de l’enseignement, expérimenté passerait son temps dans les transports pour donner quelques leçons avec un salaire horaire de dix euros comme c’est le cas dans les grandes enseignes qui se partagent le marché ?

Comment vous démarquez-vous de vos concurrents ?

D’abord, je ne pense pas qu’on puisse parler de concurrence. En tout cas, on ne veut pas l’envisager sous cet angle. Je crois que le tarif des cours est à peu de chose près similaire d’un cours à l’autre, à qualité égale bien sûr. Ce qui varie, c’est la façon de travailler. Et puis certaines écoles proposent des cours collectifs ou à domicile. Ce n’est pas, comme je l’ai dit précédemment, le même travail, ni la même approche que celui du cours individuel que nous proposons et qui ne revient pas forcément plus cher au final. Parfois, on peut perdre son temps et surtout son argent… tout en ayant l’impression de faire une « bonne affaire » !

Votre plus ancienne élève pianiste travaille avec vous depuis plus de 10 ans, la plus ancienne chanteuse depuis 8 ans… Elles ne progressent pas… ? Comment expliquez-vous cette longévité ?

Assimiler la fidélité et la confiance d’une élève à une absence de progrès reste un peu maladroit. C’est lorsqu’il ne progresse pas qu’un élève doit quitter son cours… Et puis, je crois qu’on travaille dix fois mieux avec quelqu’un qu’on connaît bien, même s’il nous est déjà arrivé de suggérer, à un moment donné, à certains de nos élèves de découvrir ce que pouvaient proposer d’autre cours, d’autres méthodes.

Et ils vous ont écouté ?

(Rires)  Pas toujours… Mais tant qu’un élève continue de progresser, on continue de travailler ensemble.

Que dites-vous des élèves qui quittent l’école ? Ils libèrent des places pour les nouveaux ?

Lors de la dernière rentrée, sur les dix élèves qui ont interrompu leur formation à l’Ecole, six ont été contraints de quitter Paris pour partir à l’étranger ou en province… Mais vous avez raison, ils ont aussi libéré quelques places. D’autres, après quelques années s’envolent : c’est qu’ils sont arrivés au terme de ce qu’ils étaient venus chercher chez nous.

Certains débutants complets sont parfois gênés de se présenter dans un cours de musique… Comment les rassurez-vous ?

On ne cherche pas particulièrement à rassurer, mais davantage à présenter l’aspect progressif de notre travail instrumental. Quand un élève est débutant « on part de zéro » si je puis dire. La qualité de l’initiation est essentielle pour la suite. Et s’il n’est pas débutant, après un « état des lieux », on repart de là où il en est, et on poursuit ce qui a été commencé.

Parfois un futur musicien achète son instrument avant même d’avoir cherché son cours de musique. Est-ce à votre avis le bon ordre des choses ?

Pourquoi pas, en ce qui concerne une guitare. Mais en ce qui concerne l’achat d’un piano, on peut également apporter notre éclairage personnel pour guider nos élèves.

Beaucoup pensent que la durée d’un cours de musique est d’une heure. Une demi-heure pour un débutant n’est-elle pas insuffisante ? Inversement, 1 h 30 n’est ce pas un peu trop ?

A la vérité, c’est l’inverse des cours de math où plus vous êtes en difficultés, plus vous prenez des cours… Nous cherchons en priorité à développer l’autonomie de nos élèves et surtout leur jugement objectif sur ce qu’ils produisent.  Et puis, la qualité de la formation et de l’apprentissage ne dépend pas forcément du temps passé en cours, mais de ce que l’on vous dit, des astuces que l’on donne et de ce qu’on vous fait faire. Une demi heure reste souvent suffisante pour une personne qui débute. Quand aux cours d’une heure et demie, nous sommes là dans le cadre d’une « Master Class » occasionnelle ou dans le cadre de deux séances réparties dans la semaine.

Est-il fréquent de penser que tous les professeurs musique réalisent le même travail avec la même réussite ?

Cette tendance est surtout fréquente chez celles et ceux qui n’ont jamais pris de cours. Ils ne sont d’ailleurs pas assez méfiants lorsqu’ils rencontrent un professeur pour la première fois. Souvent la sympathie de ce dernier associée à un tarif alléchant suffit à convaincre. Certains déchantent assez vite… Mais dès que vous pouvez comparer deux professeurs, il y en a forcément un dont vous allez apprécier davantage telle ou telle chose, voire tout simplement préférer la façon de travailler ; celui qui vous fera mieux progresser personnellement, de façon plus agréable, celui avec lequel vous vous sentirez mieux…

Sur quels arguments vous basez-vous pour promouvoir vos prestations ?

La vente n’est et n’a jamais été la spécialité des artistes même si les cours sont le gagne-pain de celui qui les prépare, les actualise et les donne.  Mais à la vérité, nous n’avons rien à vendre ; je préfère parler d’un service à proposer. Et si vous avez le sentiment que ce service correspond globalement à ce que vous cherchez, alors…

Vous travaillez plutôt comme un Conservatoire ou comme un cours privé ?

Nous avons essayé de conjuguer les avantages de chacun d’eux. Les performances pédagogiques et l’exigence du premier, et l’accueil individualisé et chaleureux du second.

Et pour finir, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?

Continuer d’exercer ce métier avec toujours autant de plaisir et d’intérêt…


Nous contacter